L’après naissance de notre sixième bébé

Bonjour bonjour,

Je m’étais dit que peut-être je pourrais écrire au sujet du post partum, mais d’autres bien plus douées le feront mieux que moi. Et pourtant j’aurais des choses à en dire car il a été bien spécifique ! Je pourrais aussi parler de mon corps après 6 grossesses mais c’est prévu pour un peu plus tard. Pour aujourd’hui et avec environ huit semaines avec ce Chou bébé j’avais envie de revenir sur nos débuts un peu chaotiques parce que non un bébé après un bébé décédé c’est pas tout à fait pareil, en tout cas chez nous.

Mon corps, je n’en suis pas fan, mais c’est quand même grâce à lui que j’en suis là, que nous avons donné la vie à notre petit dernier. Et quel bébé…! Je pensais naïvement que je vivrais ces premières semaines certes un peu dans l’angoisse mais pas forcément très marquée. Il n’en a rien été ! Je suppose que lorsqu’on vit une fausse couche, la grossesse d’après est peu différente, plus précieuse sûrement, la peur y est plus présente, les sentiments mélangés certainement. En tout cas, pour ce bébé arc en ciel nos sentiments ont été partagés, mitigés, compliqués à gérer. Ces premières semaines jusqu’à ce que nous ayons dépassés le nombre de jours de vie de son grand frère ont été longues surtout les nuits. Les nombreux réveils paniqués à vérifier qu’il respire, plusieurs fois quitte même à le réveiller ! Et même en couple nous avons eu du mal à communiquer. J’en conviens, rien d’extraordinaire, la fatigue qui survient après une naissance est immense ! Et cette fois j’ai été submergée de fatigue comme ça faisait longtemps. Les désaccords et les incompréhensions ont été nombreux. Et puis finalement dire « tu as peur toi aussi », un peu comme un couperet salvateur. Bien sûr qu’on a peur ensembles et séparément.

Depuis la naissance de Bébé je ne supporte plus du tout les tours de service de Thierry ce qui donne lieu à des disputes presque systématiquement. J’ai fini par comprendre que c’est ma peur de devoir faire face seule à un nouveau bébé mort, clairement. Bon, ça je l’ai compris il y a seulement quelques jours. Et vu la qualif de mon mari les tours de service reviennent souvent quand même… Je laisse imaginer l’ambiance qui régnait à la maison, à présent que j’ai compris ça devrait aller mieux je pense.

Nos enfants aussi ont eu peur au début, comme ce deuxième matin quand Chouchou n’arrivait pas à reprendre sa respiration, sans explication, autour de la table pendant le petit déjeuner. Une grosse panique s’est installée l’aîné qui me demande pourquoi, ce qu’il a, j’en sais rien, Bébé est tout rouge ne respire pas je suis pétrifiée ! je quitte la table, la pièce justement celle dans laquelle Valou est mort… Sympa le petit dej en famille hein ?! Bon au bout d’un trop long moment il reprend son souffle et continue de dormir comme si de rien n’était. Et ça, il l’a fait souvent au début de sa petite vie. Nous avons donc discuté encore et encore, les mots se libèrent, les enfants ont peur et nous demande si lui va rester, la seule réponse possible « j’espère mon grand! » quoi dire d’autre ? on ne peut rien promettre.

Je pense aussi qu’avec l’âge je change moi même, depuis la quatrième je me dis que c’est peut-être « le dernier ». Aussi, je l’avoue je veux vraiment en profiter. Sans compter que clairement on ne sait pas de quoi demain sera fait. J’avais eu le sentiment de profiter à fond de notre petit cinquième alors pas question de changer cela. Cet enfant, nous le couvons un peu plus que les autres, il a clairement plus dormi dans nos bras que ses aînés. Nous essayons de faire beaucoup plus attention à son bien être essentiellement question sommeil. D’ailleurs, il est un peu difficile sur la question ce bonhomme ! Il nous en fait un peu baver n’acceptant que certaines positions sous conditions qui changent d’un couchage à l’autre… A croire que lui sait que nous sommes angoissés et il semble nous dire « c’est moi qui mène la danse papa et maman ! ». Et objectivement il faut bien reconnaître qu’il n’a pas tort, il décide lui même de sa meilleure position, de ses meilleurs moments bref, nous on s’adapte ! C’est déjà pas mal je crois en même temps.

La semaine durant laquelle il a dépassé le nombre de jours de vie de son grand frère a été extrêmement compliquée, il pleurait dans mes bras ou dans son lit ou n’importe où c’était très très anxiogène. Évidemment avec Thierry nous étions stressés, sur les nerfs, l’ambiance était plutôt électrique et puis, un jour de service de Thierry alors que bébé hurlait et se débattait dans mes bras, à bout je lui ai parlé tout doucement, je lui ai expliqué que oui, nous étions à une période charnière de sa vie, que oui nous avions peur mais surtout que nous l’aimions lui ! Bien sûr la tristesse de la mort de son grand frère était (est) toujours présente parce que très brutale mais nous ne voulions pas d’un deuxième Valou, Lui nous convient vraiment amplement. Il s’est calmé, a plongé son regard dans le mien et m’a sourit. A ce moment là j’ai réalisé que ça faisait bien longtemps qu’il ne m’avait pas regardé, il détournait toujours les yeux jusque là. Et depuis, je ne dis pas que tout est toujours parafait, mais il est moins stressé quand même.

Oui, le « bébé d’après » c’est ça aussi, un bébé potentiellement stressé, et surtout un bébé qui ressent tout particulièrement notre stress. D’ailleurs, quand on parle de Valou et qu’il est avec nous il n’est pas rare qu’il pleure ou manifeste son mécontentement, cela dit, non je ne compte pas m’empêcher d’en parler. Ça fait partie de notre histoire et de son histoire à lui, aussi il va falloir qu’il grandisse avec. Et je n’ai pas honte d’être encore si triste parfois que mes larmes coulent même si c’est moins souvent et même si je suis heureuse et reconnaissante d’avoir ce petit bonhomme, pas si petit que ça d’ailleurs… Je crois que toute la première année de notre Chouchou nous allons avoir quelques angoisses et encore. Il n’a toujours pas rejoint sa chambre, c’est prévu mais je n’arrive pas à le laisser seul la nuit pour le moment.

J’avais compris qu’un enfant n’appartient pas à ses parents, même in-utéro il a sa vie, propre, mais alors nos deux derniers aiment vraiment nous faire des piqûres de rappel régulières !

Voilà ce que je voulais partager, parce que je suis convaincue que je ne suis pas la seule à avoir le bébé d’après et qu’on se pose des questions, on a des peurs elles sont légitimes et avoir un retour d’expérience peut aider à appréhender. Moi je n’ai rien lu ou entendu concernant les peurs et j’ai plus eu droit à « tu verras bien comment tu réagiras » et c’est pas faux, mais deux ou trois pistes peuvent être utiles. Savoir que le couple aussi peut être mis à mal et qu’il va falloir parler encore plus ! Ne jamais oublier la communication c’est mon conseil le plus précieux.

Et si vous voulez le point de vue de mon mari sur le sujet n’hésitez pas à nous poser des questions. C’est assez rare que les hommes s’expriment sur le sujet du deuil et ou du bébé d’après il me semble et c’est dommage car je crois qu’ils en ont des choses à dire !

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